Canadian Bulletin of Medical History / Bulletin canadien d'histoire de la médecine, Vol 23

Les bibliothèques médicale à Québec aux XVIIIe et XIXe siècles: L’exemple de la phtisie

Jacques Bernier

Abstract


Résumé. La phtisie avait pris des proportions si considérables en Europe au XVIIIe siècle qu’Antoine Portal écrivait en 1792 : « il n’y a pas de maladie plus commune ni dangereuse que la phtisie “pulmonaire” ». Les médecins se sentirent évidemment concernés par ce fléau et tentèrent d’en expliquer les causes. Toutes sortes d’hypothèses furent avancées. Richard Morton par exemple, dans Phthisiologia, imaginait plus d’une douzaine de causes possibles. Les diverses explications avancées dans ces livres varient d’un auteur à l’autre et selon les régions. Dans l’ensemble, elles peuvent être regroupées en quatre grandes catégories selon que les auteurs pensent que la maladie est contagieuse, héréditaire, due à des désordres physiologiques ou reliée à des façons de vivre. Cette recherche porte sur les ouvrages que les praticiens de la région de Québec s’étaient procurés sur cette maladie entre 1700 et le milieu du XIXe siècle. Elle concerne plus spécifiquement 27 bibliothèques qui ont été reconstituées principalement à partir d’inventaires après décès. Cette démarche a d’abord permis de connaître le contenu de ces bibliothèques : nombre de livres; titres et auteurs; dates de publication. À partir de ces informations, nous avons pu repérer une partie des ouvrages qui ont circulé sur la phtisie dans la région de Québec à cette époque. Dès le début du XVIIIe siècle, il y eut à Québec des ouvrages dans lesquels on traitait de cette maladie; par contre leur nombre ne semble pas avoir augmenté au cours du siècle. Fait intéressant, on trouve durant ces années une majorité de livres dans lesquels les auteurs ont tendance à concevoir cette maladie à partir d’une approche (ou modèle) iatromécanique. Cela change cependant après 1815 alors que les bibliothèques deviennent plus importantes. Par ailleurs, il est intéressant de constater que plusieurs des livres les plus consultés sur cette maladie au XVIIIe et au début du XIXe siècle sont pratiquement inconnus aujourd’hui. Abstract. Phthisis (tuberculosis) became so prevalent in Europe in the 18th century that, in 1792, Antoine Portal wrote: “there is no disease more common or dangerous than pulmonary phthisis.” Obviously, the doctors were concerned about this problem and made efforts to explain it. Numerous hypotheses were advanced on this subject (Richard Morton, for instance, suggested 12 possible causes in his Phthisiologia), and varied by author and region, but they can be grouped into four main categories: a contagious disease; a hereditary condition; a physiological disorder; and a problem resulting from lifestyle. This research concerns the books on this disease procured by medical practitioners in and around Quebec City in the 18th and 19th centuries, dating from 1700-1868, and contained in 27 medical libraries. Following a brief presentation of methodology and the libraries, this article analyzes the books. There were books on phthisis in Quebec City very early in the 18th century, although the majority appeared in the next century. The 18th-century works associated this disease with physiological disorders— particularly “mechanical problems.” After 1815, there was a broader diversity of opinions. The books on phthisis most widely consulted from 1700 to 1868 are almost completely unknown today.

Full Text: PDF